Emmaüs en Mayenne : une longue histoire...d'amour !
Tout a commencé avec le père Laizé, mais qui était il ?
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Né à Fougerolles-du-Plessis le 5 novembre 1905, le père Laizé fut ordonné prêtre à Laval le 5 avril 1930. Vicaire instituteur à Montsûrs en septembre 1929, il devint professeur à l'immaculée Conception de Laval le 2 août 1933. C'est pendant cette période - jusqu'en 1957 - qu'il commença, en pleine période de guerre et de personnes déplacées, à s'occuper des réfugiés du "Champ de course " de Laval, logés dans des baraquements en bois. Il était connu parmi eux comme un frère éminemment secourable. Vers 1950-1952, il entreprit même la construction de quatre petits pavillons dans ce qui est maintenant le parc de la résidence des personnes âgées de l'Épine. En octobre 1957, il fut nommé aumônier des œuvres de charité. Puis, en 1958, en même temps, aumônier de la maison d'arrêt, jusqu'en 1967. Il avait son domicile particulier en ville qu'il avait transformé en centre privé d'accueil pour tous ceux qui n'avaient que la rue comme domicile. Il travailla énormément en lien avec l'abbé Pierre et les Compagnons d'Emmaüs. En 1965, il était devenu responsable diocésain de la pastorale des gitans et tziganes. Il fonda une association par le biais de laquelle il fut à l'origine de trois CAT (Centre d'aide par le travail pour handicapés) : Robida à Port-Brillet, le Ponceau à La Selle Craonnaise et le centre Ionesco à La Chapelle-Anthenaise. Il fut aussi au point de départ de la maison pour personnes âgées de Port-Brillet. Il décède en 1988. L’histoire : 1940- Le Père Paul LAIZÉ, professeur au Collège de l’Immaculée Conception à LAVAL prend en charge les réfugiés « parqués » dans les baraquements du Champ de Courses, vieille route de Mayenne, « zone de non droit ». Cette confrontation avec la plus grande misère allait l’engager définitivement dans l’action vers les exclus, les plus démunis. A la suite des destructions de la libération en 1944, il s’occupe des familles relogées dans des baraquements provisoires dispersés sur toute la ville : place de Hercé, Grand Séminaire, Viaduc, Bootz, Beau Soleil (camp d’aviation)… 1954- Le Père LAIZÉ est entrain de construire, avec ses amis, 4 maisonnettes au bas du Boulevard des Trappistines, lorsqu’il entend l’appel de l’Abbé PIERRE du 1er Février 1954 « Mes amis, au secours, une femme vient de mourir de froid ……) ». Il le contacte aussitôt et ce sera le début d’une très longue collaboration. 1er MAI 1954– L’Abbé PIERRE est à LAVAL au Palais de l’Industrie (ancêtre de la salle polyvalente actuelle). 3500 personnes enthousiastes, bouleversées, viennent l’écouter. Le Père LAIZÉ déclare « je connais cent trente sept cas d’urgence à LAVAL ». La quête rapporte 300.000 anciens francs qui lui permettent de terminer les maisons et de développer de nouvelles actions de solidarité. Le Père LAIZÉ quitte le collège, crée l’Association P.A.U.L. « Participation à l’urbanisme Lavallois » s’installe dans une maison 12 bis rue Solférino (au fond d’une impasse, face aux cuisines municipales). Ce sera un lieu d’accueil, d’écoute, d’aide à toutes les misères matérielles et morales. Les cuisines municipales lui fournissent des repas et il lui arrive de coucher des sans abris dans une petite baraque construite dans le jardinet). Les liens avec l’Abbé PIERRE se maintiennent et en 1958, il fonde une seconde Association : AIDE, ACCUEUIL, AMITIE, dont le but est la lutte contre la misère et la détresse. C’est donc tout naturellement que, lorsqu’il apprend l’existence de Communautés Itinérantes des Chiffonniers d’Emmaüs, il demande à l’Abbé PIERRE leur venue en Mayenne. Le 7 Novembre 1959, les Chiffonniers d’Emmaüs s’installent dans une usine désaffectée, rue Dubois Fresnay à Laval. Leur responsable Paul, le Père LAIZÉ, ses Amis prennent la parole dans toute la Mayenne, créent partout des Comités Locaux, maires et curés en tête. La réponse des Mayennais est exceptionnelle. Toute la population se mobilise ramasse ferraille, chiffons, papiers…. D’énormes défilés sont organisés : 10 Janvier 1960 : La mât érigé place de la mairie à Laval, porte le grand pavois et les fanions d’Emmaüs. Dans le froid glacial, les plus hautes autorités civiles et religieuses, la foule des Mayennais , assistent au défilé impressionnant de 450 tracteurs et véhicules, surchargés de ferraille, venant d’une quarantaine de communes, guidés par un hélicoptère de la gendarmerie. Pendant plus d’une heure la ferraille passe au rythme de la musique militaire du 38° Régiment de Transmissions pour être déposée sur son terrain de manœuvre. L’Abbé PIERRE revient en Mayenne les 9 et 10 Février 1960 : A EVRON il assiste aux côtés du Père LAIZÉ et de Raoul VADEPIED, sénateur maire, du haut du balcon de la Mairie, au défilé de plus de 200 tracteurs de Ferraille . Le soir il est au Palais de l’Industrie et au Père LAIZÉ qui lui rappelle que le 1er Mai 1954 il a déclaré « partout ou on réalisera quelque chose contre la misère, je reviendrai » il répond : « notre bienfaisance va devenir malédiction car nous ne sommes pas capables de consentir la vraie charité : ceux que nous avons empêchés de mourir doivent avoir la possibilité de vivre ». Le lendemain il est à Gorron, puis à CRAON où un grand défilé de tracteurs est organisé le 6 Mars. Les Chiffonniers laissent au Père LAIZÉ quatre millions d’anciens francs, ce qui lui permet dès 1960 de construire la Cité d’Emmaüs : 24 pavillons, avec garage et jardin privatif accueillent des familles nombreuses, qui n’auraient jamais imaginé occuper de tels logements. Par décret du 17 Janvier 1961, la Municipalité donne un nom : Rue Emmaüs, peut être la première à porter ce nom en France. A Craon, le P.U.C. (Participation à l’Urbanisme Craonnais), construit également une Cité Emmaüs. Les liens de l’Abbé PIERRE et du Père LAIZÉ se maintiennent, et fort de cette expérience, ému par le sort des handicapés mentaux qu’il rencontre dans les hospices et les villages, il va très rapidement créer 3 Centres d’Aides par Le Travail (avant que la loi ne légifère) : 1969 : CAT Robida à PORT-BRILLET 1972 : CAT Ionesco à LA CHAPLELLE ANTHENAISE 1973 : CAT Le Ponceau à LA SELLE CRAONNAISE A cette occasion il découvre également les conditions d’hébergement des personnes âgées et construit en 1971 le premier Foyer Logement pour personnes âgées à PORT-BRILLET Sans l’élan des Chiffonniers d’Emmaüs, l’appui et le soutien de l’Abbé PIERRE, la découverte que tout est possible, tous ces établissements n’auraient sans doute jamais vu le jour. Le Père LAIZÉ poursuit à son domicile, rue Nicolas Harmand, l’accueil , l’écoute l’aide de tous les exclus, de toutes les misères. Il poursuit le ramassage du papier, des vêtements. Début 1988, très fatigué, soucieux du devenir de ses protégés, il lance ses dernières forces dans la création d’une Communauté EMMAÜS : rencontres avec les Communautés voisines, avec l’Union Centrale des Communautés à PARIS, achat du cinéma le Rex, ancienne salle paroissiale de St PIERRE, future salle de vente des Compagnons d’Emmaüs, et enfin de la ferme de la Chevalerie en VILLIERS CHARLEMAGNE, pour y établir la Communauté. Le 10 Juillet 1988, le Père LAIZÉ nous quitte brutalement, la veille de la signature de l’acte d’achat de la Chevalerie. Il était trop tard pour renoncer et l’Association Emmaüs de la Mayenne est créée pour prendre en charge la nouvelle Communauté. Bien sur les liens avec l’Abbé PIERRE restent très étroits et nous le rencontrons régulièrement au sein des structures Emmaüs dont nous sommes membres. 7 Mai 1991 : Compagnons et Amis vont passer la journée avec l’Abbé PIERRE à St WANDRILLE où il a pris une retraite provisoire. 1998, Emmaüs International met en place 5 Camps de jeunes dans le grand Ouest. Notre Communauté crée à Martigné-Ferchaud une Communauté provisoire avec salle de vente à CHATEAUBRIANT, ou les jeunes aux côtés des compagnons découvrent la solidarité d’EMMAÜS. Le 9 Août 1998, l’Abbé PIERRE rencontre à Villiers-Charlemagne, 400 jeunes issus de 26 pays, présents sur les différents camps de l’Ouest. Une table ronde dans la salle de sport donne lieu à un long échange,Norbert BOUVET Maire de Villiers-Charlemagne remet la Médaille de la commune à l'Abbé Pierre , suivi par une messe concélébrée dans l'église St Martin ,par l’Abbé PIERRE et Claude LEROYER curé de Villiers-Charlemagne ,en présence d’une foule nombreuse.L'après-midi diverses animations eurent lieu sur la presqu'île du Parc du Lac ,avec un temps fort ,le 86ème anniversaire de l'Abbé PIERRE et le partage du gâteau avec un très nombreux public .Cette journée a marqué profondément les personnes présentes.(Anecdote ,l'Abbé PIERRE ne buvant pas d'alcool ,nous avons dû allez chercher en urgence ,du jus de raisin à Meslay du du Maine pour qu'il puisse célébrer l'eucharistie.)A.B. Enfin, la Fondation Abbé PIERRE pour le Logement des Défavorisés , propose depuis 2000 une offre de logement à des personnes au faible niveau de ressources, en situation d’isolement et d’exclusion, dont la situation sociale rend impossible, à échéance prévisible, leur accès à un logement ordinaire. Dès 2002 l’Etat légifère sur la mise en place de « maisons relais ». Ce type de structure n’existant pas en Mayenne, la FÉDÉRATION Paul LAIZÉ, et deux de ses Associations l’A.C.E.L. et l’A.D.A.S.A, prennent position et créent rue Mazagran à Laval, la « Pension de Famille Paul LAIZÉ » Au mois d’octobre nous ouvrons cette structure : 12 logements individuels et des locaux communs Nous avions espéré recevoir l’Abbé PIERRE pour l’inauguration, mais son état de santé ne le permettant pas, nous sommes allés le rencontrer le 28 Septembre 2006, avec les deux « hôtes » embauchés pour gérer la structure, le Directeur de l’ADASA et la Secrétaire Fédérale. L’Abbé PIERRE nous a reçu dans son bureau à Alfortville et pendant près d’une heure nous avons pu l’interroger et l’écouter. L’entretien s’est terminé par une évocation du Père LAIZÉ, que je vous cite mot pour mot : « Il est inoubliable. Il s’est trouvé par moments en difficultés, contradictions, dans les initiatives que nous multipliions. Il a gagné sur chacun de ses conflits et nous l’avons aidé. Il est de ceux dont la personne dans notre histoire d’EMMAÜS est inoubliable. Dès que vous avez prononcé son nom, bien sûr, c’est comme si je l’avais rencontré L’Abbé PIERRE nous a quitté, il attendait depuis très longtemps cette « rencontre ». Il a retrouvé son vieil ami, le Père Paul LAIZÉ. Les problèmes sont peut-être différents, mais la misère nous interpelle toujours. Ils continueront à nous aider et, j’espère qu’une nouvelle génération va nous rejoindre et prendre la relève dans cette lutte cotre la misère qui continue. Comme nous ils y trouveront une raison de vivre. Merci Louis HAMARD
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